L’AUTOMATISATION D’UN ENTREPÔT OU COMMENT UTILISER AU MIEUX LES NOUVELLES TECHNOLOGIES

Robots, drones, objets connectés, smartphones… les innovations et la technologie ne cessent d’intégrer nos usages personnels, pour, sinon améliorer la qualité de vie, rendre des tâches quotidiennes plus simples et plus faciles.

Ces nouvelles technologies s’intègrent parfaitement dans le secteur de la logistique.
Avec des livraisons le jour même, adaptées aux boutiques et au commerce en ligne, la distribution multicanale, le traitement des retours, l'approvisionnement efficace de la production etc… l’entrepôt moderne est désormais une "mécanique" très complexe et très sophistiquée où convergent technologies informatiques et matériels de manutention évolués.
Faire le bon choix en matière de technologie, conception et organisation d’un entrepôt demande beaucoup de d’expérience et de compétences.

 

Les innovations sont partout…

Le stockage

Pour stocker de petits supports de charge, des conteneurs grand volume ou des palettes il existe une multitude de solutions. Qu’il s’agisse de rayonnages à palettes, de systèmes de bacs ou d’entrepôts pour petites pièces, de transstockeurs ou de navettes des plates-formes de rayonnage et de stockage. Un grand nombre de systèmes sont apparus pour exploiter au mieux l'espace disponible et les possibilités d'aménagement dans un espace contraint sont pratiquement illimitées.

Le convoyage et transport

Le transport, le tri, l'entrée et la sortie, le stockage temporaire et le rangement, toutes ces activités intralogistiques sont variées. La fluidité des flux permet de rendre économiquement efficients les processus récurrents intervenants sur les mêmes tronçons.

La préparation des commandes

Entre les solutions automatisées et les systèmes manuels de préparation de commandes, il y a beaucoup de niveaux intermédiaires.
Beaucoup de solutions sont développées selon le principe « Produit vers Homme », ce qui permet d’augmenter l’efficacité de la prise de commande.
Même si le type de préparation de commandes le plus fréquent reste la préparation manuelle (Homme vers Produit), de nombreux procédés existent aujourd’hui pour rendre le picking plus efficace (Pick by Light et Put to Light, Pick by Voice, RF Picking etc…).

La manutention

Palettiser, dépalettiser, ajouter des documents dans des bacs ou des cartons ou préparer des commandes tout en assurant la traçabilité des marchandises, il existe désormais toutes sortes de solution adaptées et différents systèmes de manutention.

La digitalisation

La digitalisation, la « data », son traitement et ses flux est partout : l’entrepôt est connecté et « chapeauté » par une puissant Système d’Information qui lui permet de gérer à la fois sa propre base de données mais aussi d’échanger avec l’ensemble des prestataires et des clients. Les progrès des Systèmes d’Information, des logiciels comme le WMS, le WCS, le TMS, le développement de l’Intelligence Artificielle et des objets connectés et « intelligents » rendent de plus en plus accessible l’automatisation de l’entrepôt.

 

Pourquoi automatiser un entrepôt ?

Pour pallier les difficultés voire le manque de main d’œuvre

Le secteur de la logistique a beau être porteur d’emplois et représenter 1,8 millions d’emplois en France, certaines entreprises peinent encore à recruter de la main d’œuvre qualifiée et volontaire sur leurs territoires d’implantation.
La concurrence est rude entre les entrepôts implantés sur un même territoire ou un même parc d’activité. La multiplication des entrepôts XXL accentue ce phénomène d’aspiration des ressources. Le métier de cariste par exemple connaît une véritable pénurie.

Pour plus de qualité et de réactivité dans les process et le service client

L’essor du E-commerce oblige les logisticiens à repenser complètement leurs process vers toujours plus de rapidité et plus de complexité. Les canaux de distribution se sont multipliés, rendant plus complexe la chaîne logistique de certaines entreprises et leurs modes de préparation.
Les techniques de distribution s’inspirent désormais du modèle Amazon (pour ne pas le citer) et s’imposent comme standard auprès des consommateurs.
Le client final exige désormais que le produit commandé arrive le plus vite possible, dans les meilleures conditions et avec un suivi irréprochable. Il désire également pouvoir retourner ses produits non conformes facilement et gratuitement. L’automatisation peut ainsi permettre de développer des services de livraison et de retours efficients, une gestion de stock très performante ainsi que des process adaptés.

Pour contourner des difficultés et contraintes immobilières

Les mètres carrés disponibles dans les zones logistiques sont souvent saturés et rendent les terrains à l’achat très chers. Par exemple, le prix du mètre carré en Île-de-France peut monter jusqu’à 1 400 €. Sans parler des difficultés pour beaucoup d’entrepôts existants à s’agrandir et élargir leur espace au sol. La tendance est donc de rationaliser et densifier l’activité plutôt que multiplier les sites. L’automatisation permet de mieux utiliser l’espace en densifiant les surfaces de stockage et de préparation et en diminuant les allées de circulation de sorte à multiplier les flux. Elle accroît également la productivité de façon importante en se focalisant sur les tâches à valeurs ajoutées.

 

L’intérêt à automatiser

Augmenter la qualité et la compétitivité

Automatiser tout ou partie de son entrepôt permet d’agir sur la qualité de ses services et de sa performance.
Même si les projets peuvent faire peur, les décisions stratégiques d’implanter et d’automatiser des entrepôts sont dans de nombreux cas de véritables exemples de performance et de croissance.
L’automatisation permet d’augmenter la rapidité d’exécution de toutes les tâches effectuées. Elle permet de livrer les clients dans les meilleures conditions car elle limite fortement les erreurs comme un produit en excédent ou manquant, la casse ou l’inversion (couleur ou taille différentes) etc…
Les machines de calage, le contrôle pondéral, les lecteurs de code à barres, les caméras, l’affichage de la photo du produit sont des systèmes adaptés pour réduire voire supprimer les erreurs.
De même la mécanisation permet de réduire les délais de préparation et donc de livraison et d’optimiser l’indicateur OTIF (On Time In Full) : le client reçoit le bon produit, au bon moment, en bon état.

Une rentabilisation qui peut être rapide

Les secteurs qui automatisent le plus aujourd’hui sont : le commerce de détail ou spécialisé, le e-commerce, la grande distribution, le milieu pharmaceutique ainsi que celui du textile. La raison est simple. Les petites pièces, les produits légers et les palettes standards sont propices à l’automatisation si les volumes sont là.
Du fait de la forte demande, les technologies se sont « standardisées ». Cela permet de trouver un équilibre entre les coûts d’investissements et les coûts de fonctionnements (CAPEX/OPEX) tout en augmentant la fiabilité des équipements.

En revanche, lorsque les produits sont lourds, de grandes dimensions, difficilement manipulables ou stockés sur des palettes hors standards, les technologies sont plus complexes à concevoir. Cela impacte donc fortement le degré d’investissement au départ et le payback est moins favorable.

Trois composantes majeures sont à prendre en compte avant d’envisager une éventuelle automatisation de tout ou partie d’une activité : la typologie de produits stockés, les flux et la profondeur des stocks.

Le ROI d’une installation dépend de la capacité d’investissement, d’un dimensionnement au plus juste du besoin et d’une activité en phase ou dépassant les prévisions.

Permettre une réorientation et une requalification des ressources

La mise en place de systèmes mécanisés au sein de l’entrepôt conduit à une requalification des ressources. L’automatisation apporte une réponse à la pénurie de main d’œuvre que peuvent rencontrer les entreprises selon leurs zones d’implantations.
Par ailleurs, elle peut répondre plus facilement aux pics d’activité et aux aléas des commandes très fréquents dans le E-commerce et permet de franchir des caps de productivité et de croissance non atteignables avec les métiers manuels.

 

Quels sont les risques d’un projet d’automatisation ?

Automatiser son process est une transformation majeure pour l’activité de l’entreprise qui peut impacter sa performance, son management, son image et ses infrastructures si le projet a été mal préparé et insuffisamment réfléchi.

La performance attendue n’est pas au rendez-vous

Après le démarrage des installations et leur montée en charge, le risque est de ne pas atteindre la performance ciblée initialement lors de l’étude de dimensionnement. La performance dépend en partie du bon réglage des capteurs et des machines. Même des petits blocages à répétition sur une installation peuvent impacter la performance ou le nombre d’opérateurs nécessaires pour atteindre l’objectif.
Par ailleurs, atteindre la performance souhaitée suppose une bonne alimentation en flux du système pour permettre aux machines d’optimiser leur travail. Le problème peut aussi être plus global et concerner la conception.
Une installation peut être très complexe et avec beaucoup d’équipements en série et en parallèle (convoyeurs, transstockeur, machine de formage, ascenseur/descenseur, empileur/dépileur) ce qui peut rendre des blocages ou des goulots difficilement identifiables.
Ainsi, il est fortement recommandé de mettre en place une simulation des flux avant de lancer le projet, afin de faire apparaitre les zones à risques et les modifier avant de valider la conception finale d’un système.

Un autre facteur de risque est la modification de la typologie des flux liée au business et à son évolution dans le temps. Par exemple, en cas de développement du B to C, là où les commandes étaient massifiées, elles doivent être plus unitaires ce qui peut changer la performance de l’installation.

La performance est également liée aux logiciels de gestion d’entrepôt. Traditionnellement le WMS (Warehouse Management System) est complété par une brique logicielle WCS (Warehouse Control System) lors de la mise en place d’un système automatisé.
Le WCS pilote, trace et optimise le déplacement des charges dans l’installation et doit être minutieusement interfacé avec le WMS. Les algorithmes du WCS et la qualité des interfaces sont également acteurs de la performance du système.

Enfin, tous les produits ne sont pas automatisables et vouloir, malgré tout, se lancer dans un projet peut ne répondre qu’à une partie de l’activité voire mettre à mal la productivité de l’entreprise.
La clef est de réaliser des études poussées dès le départ pour anticiper les risques liés à l’installation des systèmes.

Le management du projet est défaillant

Avec un projet d’automatisation, l’environnement et les façons de travailler sont bousculés. Les changements, petits et grands, doivent être anticipés pour éviter les réticences. Par exemple, un cariste aura besoin de comprendre pourquoi et comment son poste de travail mobile va devenir plus fixe. Il est aussi primordial d’anticiper les risques liés à la prise en main des nouveaux métiers. Des formations, très en amont, doivent être mises en place. Il faut anticiper la montée en compétence des personnes et faire évoluer les profils et les compétences des managers.
Toute cette transformation doit donc être anticipée pour motiver et fédérer les équipes autour du projet et maîtriser parfaitement son processus de transformation.

Risques financiers

L’entreprise doit choisir entre deux options : rester dans un entrepôt existant et l’adapter pour son process ou construire un bâtiment sur-mesure. Dans les deux cas, les coûts structurels au sein du bâtiment seront impactés.
Par exemple, le dallage devra souvent être renforcé, les murs coupe-feu pourront être traversés et équipés de portes supplémentaires pour le passage des convoyeurs, sans parler d’installations anti-incendie plus contraignantes ou la présence de mezzanines, ce qui peut augmenter considérablement la complexité du bâtiment et des études.
Le risque à ne pas négliger, ce sont les coûts « cachés » qui vont impacter le projet final parce que la complexité des installations, la nécessité de développer des interfaces etc… n’ont pas été suffisamment anticipées en amont.

 

Conclusion : la décision doit être murement réfléchie.

Alors que faire ? L’automatisation fait partie de la stratégie à long terme de l’entreprise et doit être préparée très en amont pour apporter les gains souhaités : productivité, rentabilité, performance.
Tout le projet doit être bien anticipé et les étapes bien définies car, mal préparée, l’automatisation peut entraîner des dépenses plus importantes que prévues ainsi que des problèmes matériels et humains.
L’entreprise a intérêt à se faire accompagner par un cabinet conseil comme SIMCO Consulting.

 

Towards Best In Class Logistics
Notre objectif étant d’accompagner la montée en puissance de vos organisations logistiques et d’en identifier les sources de valeur ajoutée,
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Benoît CUDEL
Ceo France
Senior Partner Consultant
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